Dernieres acquisitions
 Jean-Auguste-Dominique Ingres
Le Comte Mathieu-Louis Molé (1781-1855).
Huile sur toile. H. 1,47 ; L. 1,14.
Inv. R.F. 2009-15.
Le 10 décembre 2009, le Portrait du Comte Molé par Ingres , acquis grâce au soutien des Amis du Louvre, fait son entrée officielle dans la collection du département des Peintures.
« Il était hors de question pour le conseil d'administration des Amis du Louvre de ne pas contribuer à l'achat du portrait du Comte Molé par le plus grand portraitiste français, a déclaré Marc Fumaroli, Président de la Société des Amis du Louvre. Le vote a été acquis à la quasi unanimité. Pourquoi? La suprême autorité en matière de goût, le poète Charles Baudelaire, n'était pas un admirateur inconditionnel d'Ingres et de son école férue d'antiquité. Mais son goût difficile s'est incliné devant Ingres portraitiste, et portraitiste moderne, sachant élever à la poésie du deuil le noir moderne de la redingote masculine et laisser entrevoir, sous la gravité officielle de l'homme d'autorité, le "mal du siècle", doute et mélancolie, qui hante au fond du masque impassible le civilisé moderne. Le portrait par Ingres du premier ministre de Louis-Philippe, qui avait été sous le Consulat un ami intime de Chateaubriand, avant de devenir son ennemi politique et son rival victorieux auprès de la belle Cordélia de Castellane, atteste aujourd'hui, encore mieux qu'au XIXe siècle, la saisissante justesse du diagnostic du poète. »
Le Portrait du Comte Molé sera exposé comme « tableau du mois » du 6 janvier au 1er février 2010 dans la salle 77 des peintures françaises au 1er étage de l'Aile Denon.
 Claude Michel, dit Clodion (Nancy
1738-Paris 1814)
Briséis quittant Achille.
Vers 1775. Terre cuite.
H. 0,450 ;L. 0,353 ; P. 0,215.
La Société des Amis du Louvre vient d'offrir au département des
Sculptures un chef-d'oeuvre de Claude Michel, dit Clodion (Nancy
1738-Paris 1814), Briséis quittant Achille.
La terre cuite, alors en mains privées, fit partie de l'exposition Clodion organisée au musée du Louvre en 1992, et fut étudiée dans le
catalogue. Complètement inconnue, elle fut, par sa grande qualité,
une des révélations de cette manifestation. L'identification du sujet, donnée sous réserves en 1992, n'a pas
été remise en cause. Il s'agit très probablement de Briséis quittant
Achille, un sujet célèbre tiré du premier chant de l'Iliade d'Homère.
Son entrée dans les collections du Louvre est un superbe événement.
Par comparaisons stylistiques avec d'autres oeuvres en terre cuite de Clodion,
comme L'Offrande à Priape du musée J. Paul Getty de Los Angeles, on
peut dater le groupe des années 1775. Cette date est contemporaine
d'un décor peint d'Étienne Lavallée-Poussin pour Grimod
de la Reynière consacré précisément à l'histoire d'Achille
Le Louvre conserve une collection bien représentative de
l'art de Clodion. Grâce à un don de la Société des Amis du Louvre - le
décor de la cour de l'hôtel de Bourbon-Condé, qui orne la cour
Puget du musée - et à une dation - le décor de la salle de bains
de l'hôtel de Besenval -, le musée expose de grands bas-reliefs
monumentaux qui illustrent au mieux l'époque Louis XVI. La statue de Montesquieu en marbre est l'un des « Grands hommes de la
France » commandés par le comte d'Angiviller pour la Grande
Galerie du palais. Briséis quittant Achille est présenté au grand public avec l'ensemble des terres cuites du sculpteur, dans la salle « Clodion » (Aile Richelieu, Cour Puget, rez-de-chaussée, salle 30).
 Jan de Beerf (actif à Angers entre 1495 et 1528)
Héraclius décapitant Chosroès
Bois (chêne) - H.24 cm ; L. 42.5 cm - Inv. RF 2009-6
C'est un petit panneau peint à Anvers vers 1515 que la
Société des Amis du Louvre vient d'offrir au Département des
Peintures. Il permet très heureusement d'illustrer désormais un
pan de la peinture anversoise du premier quart du XVIème siècle,
appelé maniérisme gothique, qui n'était jusque-là représenté dans
la collection du Louvre que par un panneau anonyme représentant
le Martyre de saint Jean dont il n'est pas sûr qu'il ne soit pas plutôt
l'oeuvre d'un peintre de Leyde. Ce petit panneau de 24 cm sur 42 représente un sujet rare, Héraclius décapitant Chosroès, et a
été peint par Jan de Beer, qui est le plus célèbre des peintres de ce
courant, le seul qui ait été cité dès 1567 par Guichardin aux côtés
des grands novateurs tels que Quentin Metsys, Joos van Cleve et
Joachim Patinir qui travaillaient à Anvers dans les mêmes années
et dont il ne se distingue en réalité pas si radicalement que n'invite
à le penser le caractère le plus évident de son art, mélange très
subtil de grâce flamboyante, de théâtralité et d'effusion poétique.
Le sujet est en fait une scène de l'histoire de la Vraie croix
telle que la rapportait au Moyen Âge la Légende Dorée de Jacques
de Voragine : les Perses ayant envahi Jérusalem et dérobé la Croix
et leur roi Chosroès ayant poussé l'injure jusqu'à se prendre pour
le Père en trônant entre la Croix (au lieu du Fils) et un coq (au lieu
du Saint Esprit), l'empereur byzantin Héraclius entreprit une véritable
croisade dont le point culminant fut le combat qui, sur un
pont, le fit vainqueur du fils de Chosroès et dont l'issue fut la
conversion du peuple perse à la foi chrétienne, à l'exception de
Chosroès qu'Héraclius décapita sans merci. Toute la fantaisie narrative,tout le brio d'exécution du maniérisme anversois à son meilleur se retrouvent ici. Ce style de Jan de Beer, tout anversois qu'il est, a aussi compté pour quelques artistes de souche flamande qui ont oeuvré dans la France du début
du règne de François Ier, tels que Godefroy le Batave et Noël
Bellemare.
Chosroès décapité par Héraclius, sera exposé comme « tableau du mois » du 3 février au 1er mars 2010 dans la salle 17 des peintures françaises au 2e étage de l'Aile Richelieu
 Boîte à portrait de Louis XIV
Jean I Petiot (1607-1691)
Vers 1680 . H : 7,2 cm ; L 4.6 cm
Ce joyau historique à la gloire de Louis XIV a été acquis par la Société des Amis du Louvre lors de la dispersion de la prestigieuse
collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, à la troisième vacation du 24 février 2009. Le bijou
a heureusement conservé sa riche garniture : sur la face quatre-vingt douze diamants
brillent autour du buste émaillé du roi, sommé de la couronne fleurdelisée ; au revers, tout en émail,
le chiffre royal au double L entrelacé est environné de rinceaux.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, ces boîtes abritant des portraits en miniature, de forme
ronde, ovale ou carrée, sont d'abord des objets de sentiment. À partir des années 1660, Louis XIV fait
de ces objets précieux des instruments du pouvoir royal, distribués par centaines comme marques de
distinction honorifique aux dignitaires étrangers, aux hommes de guerre et aux fidèles serviteurs de la
monarchie. Pendant une vingtaine d'années, deux orfèvres-bijoutiers logés aux galeries du Louvre,
Laurent Le Tessier de Montarsy (?-1684), et son fils Pierre (1647-1710), en sont les principaux
fournisseurs. Les médaillons du souverain sont majoritairement l'oeuvre du miniaturiste Jean I Petitot
(1607-1691), qui a été attaché à la Cour des Stuarts, avant de venir mettre son talent inégalé
d'émailleur au service de Louis XIV.
La richesse de leur garniture en or et pierreries a causé la perte de la plupart de ces boîtes trop
coûteuses. En dehors de celle-ci, seules deux autres sont connues : l'une conservée à Bologne, remise
au poète Malvasia en 1681, qui a gardé tous ses diamants, tandis que l'autre destinée au Grand
Pensionnaire Hensius en 1683 n'est plus qu'une carcasse émaillée, sans ses pierres (musée de La Haye).
La boîte provenant de la collection de Pierre Bergé est sans doute la plus ancienne qui nous soit
parvenue : l'âge apparent du roi incite à proposer une date proche de 1670.
Ce joyau est pour la première fois depuis son acquisition présenté au public à l'exposition Louis XIV : l'homme et le roi, au Château de
Versailles. Il rejoindra par la suite les trésors de la galerie d'Apollon.
 Luca Cambiaso (Gênes, 1527 - Escorial, 1585)
Vénus et Adonis
Huile sur toile. H. 1,88 ; L. 1,05 m.
R.F. 2008-49
La Société des Amis du Louvre a offert en 2008 au musée Vénus et Adonis un des chefs-d'ouvre de Luca Cambiaso, le principal maître de l'école génoise du XVIe siècle.
Le tableau est exposé jusqu'au mois d'octobre 2009 dans la salle 17 des Peintures flamandes (aile Richelieu, 2e étage) en pendant de Hercule et Omphale peint par Rubens à Gênes vers 1606 pour Giovanni Vincenzo Imperiale qui possédait en outre une version de notre tableau de Cambiaso.
Longtemps cantonnée à ses dessins cubiques et aux nocturnes de la fin de sa vie, la carrière
de Luca Cambiaso a été redécouverte lors de la récente exposition monographique consacrée à l'artiste à Austin (Texas) et à Gênes en 2007. À cette occasion, le tableau de
Vénus et Adonis fut choisi pour la couverture du catalogue, comme l'ouvre emblématique d'un artiste parvenu à l'apogée de son art.
L'influence vénitienne s'y ressent dans le traitement très sensuel du thème amoureux mais aussi dans la composition monumentale à la structure pyramidale qui rappelle l'équilibre d'un Titien (Vénus et Adonis, v.1553-1554, musée du Prado, Madrid) ou d'un Véronèse (Vénus et Adonis, v.1561-1563, collection particulière), sans oublier Corrège.
Ce don de la Société des Amis du Louvre comble une lacune importante dans le parcours génois des salles du Louvre car le musée ne possédait que des dessins de Cambiaso. Des Quatre Docteurs de l'Eglise de Pier Francesco Sacchi (1516) aux oeuvres du XVIIe siècle de Domenico Fiasella, de Giovanni Benedetto Castiglione et de Valerio Castello, sans oublier les oeuvres génoises de Rubens et de Van Dyck, il manquait ce brillant trait d'union qui permet de comprendre le passage de la Renaissance à l'âge baroque.
 Le Grand noeud de diamants de l'Impératrice Eugénie
Ancienne collection des Diamants de la Couronne
Paris, 1855
François Kramer, maître-joailler
H. 22,5 cm ; L. 11 cm
En 2008, la Société des Amis du Louvre a pu faire revenir des Etats-Unis un joyau provenant de la Couronne de France : un somptueux noud de diamants réalisé par le joaillier François Kramer pour l'impératrice Eugénie en 1855.
Le dessin du noeud, assorti de deux glands de passementerie, s'inspire librement de modes de la fin du XVIIIe siècle. Le ruban de dentelle élégamment noué paraît d'une étonnante souplesse ; les franges des glands, entièrement flexibles, sont rendues avec un souci de réalisme extrême. Le sertissage, réunissant non moins de 2634 diamants dont 2438 brillants pesant 140 carats, est en effet d'une rare complexité : entièrement ajouré, articulé, et traité en relief, il est destiné à faire scintiller les pierres au moindre mouvement.
Ce bijou a pu être acquis et offert aux collections du Louvre grâce aux legs de M. et Mme Rouffet consentis par testament aux Amis du Louvre.
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